Père Noël

… Ou comment Coca Cola a éclipsé notre Saint-Nicolas.

Un article de saison avec aujourd’hui les origines de la star des fêtes de fin d’année, le Père Noël !  D’où vient ce vieux monsieur rondouillard et joufflu adoré des enfants ? Rétrospective sur un coup marketing qui s’est infiltré dans les maisons du monde entier.

Une idée commune veut que le Père Noël ait été inventé de toutes pièces par les cerveaux du marketing de chez Coca-Cola. Le Père Noël serait donc américain. Oui, mais… La réalité est forcément un peu plus compliquée que cela. Cette idée a été nourrie par des traditions et des mythes existants que je vous propose de découvrir.

La date

IVème siècle. A Rome.

Au départ, il y a un Pape, Saint-Libère (352-366) qui fixa la date de naissance de Jésus au 25 décembre car celle-ci n’apparait pas dans les textes. Cette date semble stratégique car elle correspond à celle des fêtes païennes célébrées autour du solstice d’hiver et notamment la naissance  de Mithra. Voilà pour la date. D’une fête célébrant la naissance d’un enfant à la fête de tous les enfants, il n’y a qu’un pas… Qui a été franchi au fil du temps.

Saint-Libère

Julenisse, le lutin de Noël

Xème siècle. En Norvège. Pays des trolls et des farfadets et du petit peuple en général.

Midtvintersblot, le Noël des Vikings, aurait été fêté à partir du VIème siècle et ce, jusqu’au Xème siècle. Håkon Ier de Norvège aurait été à l’origine de la fusion entre cette fête et le Noël chrétien.

Nisse, lutin scandinave

Dans la mythologie scandinave, il existait une petite créature nommé le nisse. Ressemblant à nos lutins, il s’occupait des enfants et les protégeait contre la mauvaise fortune. A partir des années 1840, son rôle a changé et il est devenu le Julenisse qui apportait des cadeaux aux enfants.

Saint-Nicolas, le patron des enfants

IVème siècle, en Turquie dans l’ancienne ville de Myre.

Nicolas de Myre est né en 270 et a été nommé évêque de sa ville. Tué selon la légende par les romains et mort en martyr, ses reliques auraient accomplies des miracles. Il est devenu une légende puis un saint. Sa mort, très certainement survenue un 6 décembre et devenue jour de fête. De nombreuses légendes concernent notre bon Saint-Nicolas et ces contes mettent souvent en scène des enfants qu’il aurait sauvés. La Saint-Nicolas est donc devenue une fête des enfants, à qui l’évêque rend visite pour leur offrir des cadeaux s’ils ont été sages (sinon gare au père Fouettard). Bien sûr. Mais comment cette fête a passé les frontières pour arriver jusqu’au nord de la France et ses régions voisines ? La faute à un chevalier lorrain anonyme qui passa par Bari (lieu où l’on trouvait les reliques du Saint), courant XIIème siècle.

En Hollande, notre bon évêque se faisait nommer Sinter Klaas. Sa légende émigra en Amérique à partir de 1614 avec les colons hollandais à New Amsterdam (future ville de New York). Elle finit par « contaminer » les colons anglais et notre Sinter Klaas se transforma peu à peu en Santa Clauss. Voilà d’où vient la fameuse confusion. D’autant que Santa Clauss restait représenté comme Saint-Nicolas (barbe blanche, mitre, etc.). De toute façon, ce n’était pas bien grave. Toutes les raisons sont bonnes pour faire la fête et les colons fêtaient conjointement la Saint-Nicolas et Noël comme dans nos régions… Mais bon, deux fêtes pour les enfants, à 3 semaines d’intervalle ? Autant n’en faire qu’une seule. C’est ainsi que les anglais d’Amérique transposèrent Santa Clauss à la nuit du 24 au 25 décembre.

Saint-Nicolas

Père Noël, égérie de Coca-Cola

Santa Clauss était vieux et maigrichon. Pas très glamour. Il fallait le dépoussiérer, le rendre sympathique, vendre du rêve. Alors, en 1821, Clément Clarke Moore (pasteur américain) écrit un conte de Noël, « A Visit From St. Nicholas » où le bon Santa Clauss est entièrement relooké : il a pris un sacré embonpoint ! La crosse devint un sucre d’orge, la mitre un bonnet, la mule un attelage de rennes… On se rapproche furieusement de notre Père Noël moderne. A partir de 1863 ensuite, Thomas Nast, caricaturiste pour le Harper’s Illustrated Weekly de New York, commence une série de dessins représentant le Père Noël qui finit par troquer ses habits d’évêque pour le costume qu’on lui connait (sans les couleurs). C’est d’ailleurs Thomas Nast qui a établi la maison officielle du Père Noël au Pôle Nord.

Nous arrivons donc en 1931 et à Coca Cola. La problématique de la firme : vendre leur produit hors saison, c’est-à-dire en hiver. Comment ? En utilisant un personnage mondialement connu comme « égérie ». Ils ont fait appel à Haddon Sundblom pour le croquer en train de boire du Coca-Cola lors de sa distribution de jouets. Il a aussi été habillé aux couleurs de la marque et c’est ainsi que nous le connaissons aujourd’hui.

Voilà comment s’est installée l’idée que Coca-Cola a créé le Père Noël dans l’imaginaire collectif ! Mais même s’ils n’ont rien inventé, ils ont tout de même réussi à populariser encore plus ce personnage si sympathique !