… ma tant’ Charlotte… Et c’est moi qui les plotte… ses grosses tototes…
Et oui, j’ai testé pour vous: El’ carnaval de Dunkeeeeerque.

Ce matin, mes yeux ont eu du mal à s’ouvrir…
mes cheveux me tiraillent…
j’entends encore les cloches qui sonnent dans ma tête,
mais aussi résonnent en boucle les chansons grivoises du répertoire musical du carnaval.
Les gens parlent trop fort et la lumière est trop vive…

Le carnaval, ça ne s’explique pas, ça se vit!
Difficile d’expliquer pourquoi cette tradition ancienne a survécu!
Difficile d’expliquer le succès de ce grand rassemblement populaire surprenant.
Je vais donc essayer de vous raconter mon expérience, ce week end à Dunkerque, au bal de l’oncle Co.

D’abord,
il y a le costume… pour effacer le niveau social, l’âge et le sexe.
Il y a la bonne humeur… pour se décrasser le cerveau (avec l’aide de l’alcool)
Il y a les chansons… qui participent tout autant à la bonne humeur et aux « pieuses » paroles
et… il y a NOUS… qui ne sommes ni spectateurs, mais bien acteurs d’une soirée/spectacle sans fin parce que:

LE CARNAVAL: c’est avant, pendant et après. Il dure de janvier à mars non stop.

Tout d’abord un peu d’histoire… rien ne vient au hasard.

Pourquoi?
Les premières « bandes des pêcheurs » sont liées aux fêtes données par les armateurs lors des départs pour la pêche à Islande au XVIIème siècle.Mais forcément d’autres réfutent cette hypothèse… peu importe, les origines se perdent dans la nuit des temps.

Aujourd’hui, les Dunkerquois font le carnaval comme une évidence, comme ils marchent ou ils respirent.

Mais une préparation s’impose: LE COSTUME.
Nous sommes loin du glamour de Venise ou du sexy de Rio.
Dans le nord, on se travestit le temps du carnaval, pour se transformer en carnavaleux.
Bien souvent l’homme devient femme (plutôt femme à barbe) et les femmes, c’est gloubiboula, si vous n’êtes pas costumé, vous ne rentrez pas au Kursaal (équivalent du Palais des Congrés) pour faire le bal.

Je vous épargne les photos de mon costume, qui sont déjà parti dans ma boite à oubliettes (censure oblige).
La diffusion, aux plus chanceux, est sur demande.
Honte? Non, mais quand vous dépassez votre taux normal d’alcoolémie, il est évident que vous assumez beaucoup mieux les excentricités.
Pour ma part, j’ai opté pour:
– la peruque multicolore à cornes,
– un chapeau de cowboy à rayures de couleurs,
– un paire de lunettes hippie rose,
– une robe fleurie des années 70 (merci J*), avec fronces et volants de toute beauté,
– les collants rose fluo rayés,
– le boa « assorti »
ET de bonnes baskets qui vivront leur dernier jour d’existence!
… »on se grime on s’met de la peinture,on s’en fout plein la fegur
on s’habille avec de vieux habits et l’on sort son grand parapluie.
Avec tout ça on est paré pour le Carnaval et le boulot on s’en fout pas mal.' »…

Ne soyez pas effrayé, la fête peut commencer:
Tibias labourés, poitrine écrasée (au passage quelque massage de femme à barbe, l’air de rien), odeurs mêlées de transpiration et de harengs fumés (ah oui, 450 kg de harengs fumés sont lancés par le Maire, depuis le balcon préalablement), hommes poilus en porte-jarretelles, musiques traditionnelles, bière, champagne… le décor est planté en compagnie de près de 8000 personnes qui chahutent et qui chantent.

Les Bandes, c’est le nom donné au cortège de carnavaleux. La Bande est emmenée par un tambour major en costume d’empire, viennent ensuite les musiciens vêtus du ciré et du suroît jaune des pêcheurs, puis les carnavaleux forment des lignes et se tiennent bras dessus bras dessous en avançant en rangs serrés et en chantant les chants traditionnels du carnaval (chansons grivoises) … de 23h à 6h du matin.
Les chahuts s’y succèdent à un rythme infernal jusqu’à ce que s’élève de toutes les gorges la « Cantate à Jean Bart », hymne que les dunkerquois chantent main dans la main, genou à terre et chapeau bas, en hommage au vaillant corsaire.
Pour ne pas dire que cela vous prend aux tripes.

Plus les heures passent et plus mon entourage proche m’impressionne:
« Ah bon… J*** parle anglais couramment? Tiens, G***** fume le cigare?… Et l’aut’ pourquoi il bloque devant sa clope? »
Ca y est… ils sont atteints par le carnaval 🙂

Pour finir… quelques chiffres qui en disent long, le bal de l’oncle Co:
– 50 000 litres de bière (oui, il ne manque pas de « 0 » 😉
– 2500 bouteilles de champagne sans compter les coupes et autres
– 8000 carnavaleux

Quelques mots glamour du répertoire:
– Chahut: « Tiens-bon-d’sus »
– Clet’che: costume
– Masquelour: carnavaleux
– Matante/Mononcle: Monsieur, Madame
– Wiche: sexe masculin
– Boite à prise: sexe féminin

Un répertoire poétique (extraits):
Wiche, wiche, wiche, wiche,
vient jouer avec mon wiche
cinq minutes c’est pas longtemps
et mon wiche i s’ra content. (Bis)

Toutes les femmes y putent, y à qu’les hommes qui sentent bon (bis).

Une vidéo

Je me devais de faire cet hommage au carnaval de Dunkerque.
Originaire du Nord de la France, ce carnaval est pour moi incontournable.
Je piétine, je l’attends, je me réjouis à l’approche de cette période.
On s’y ressource, on se décrasse le cerveau ( et pas que…) on se fatigue la voix, on passe avant tout un moment convivial en famille.
De beaux souvenirs qui m’accompagnent. Un amateur pour l’année prochaine?